خواطر ما بعد الثورة

Wednesday, February 28, 2007

Un Maghreb Uni: Oui mais

J'aime beaucoup nos voisins maghrébins et je pense qu’on peut faire bien des choses ensemble si chacun y met du sien. Cela dit il se trouve que l’Union du Maghreb, vaste entité multiethnique que l’on s’acharne depuis 18 ans à qualifier d’«arabe», demeure encore un rêve lointain pour nos pays. Vous savez pourquoi?

Parce que l’idée de nous unir a été justement fondée sur une sorte de fédéralisme politique qui trouve ses origines dans le nationalisme arabe nassérien. Tant que cette idéologie fantaisiste alimente les projets d’unification on n’avancera jamais dans notre région. Ce que les dirigeants ne comprennent pas c’est que nous ne vivons plus à l’époque du Calife. L’idée d’une seule nation appelée “Arabie” ou “Maghreb” est non seulement ridicule mais surtout dangereuse; vous imaginez une seconde vous retrouver à la merci des directives d’un super-Etat qui renégocierait notre politique sociale, agricole, et tant qu’a faire notre code du statut personnel afin d’harmoniser les législations? J’exagère mais rien que de penser a une quelconque réforme des lois tunisiennes qui soit inspirée du livre vert j’ai froid dans le dos.

D’autre part, l’histoire est là pour nous enseigner que les unions politiques coûtent cher, rapportent peu et renforcent le repli identitaire. Oublions l’URSS. L’UE est souvent citée aujourd’hui en exemple d’une union qui marche n'est-ce pas? Mais regardez comme ça piétine désormais a cause de la multiplicité des problèmes a gérer avec des pays qui avancent a deux vitesses. Rappelez vous également, gens de ma génération, de la proximité des pays européens du Sud dans les années 80. Même ceux qui ne voyageaient pas correspondaient avec des amis dans la région et regardaient RaiUno et Antenne 2. Tout cela est fini maintenant. L’idée de l'européanité inculquée aux nouvelles générations à coups d'hymnes à la joie, d’euro-préfixes et de visas biométriques a fini par creuser un énorme fossé entre nous et les peuples du sud. Alors si on en faisait de même sur l’autre rive bonjour le communautarisme et les conflits de civilisations.

De toutes façons, lorsqu’on commence un projet unioniste on le commence par le début et non par la fin, par le bas et non par le haut. Le début c’est la démocratie dans la région, le respect des libertés individuelles, des échanges d'étudiants, des compagnies aériennes low-cost, des autoroutes, un TGV, et la cession des entreprises publiques. La fin c'est un marché commun avec libre circulation des biens et des personnes, et en l'occurrence une monnaie unique une fois que l'espace aura été assez consolidé. Plus que ça, NIET. La souveraineté nationale doit être préservée afin que les spécificités culturelles de chaque pays soient reconnues et respectées et que nous ne passions pas notre temps à nous donner des leçons les uns aux autres comme c'est le cas actuellement dans ce grand cirque appelé la ligue arabe.

Il nous la faut absolument cette nouvelle formule pour le Maghreb. On ne peut plus continuer comme ça.

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Wednesday, February 21, 2007

L'enseignement gratuit et l'injustice sociale

Je sais que j'en parle pour la nième fois (la troisième, n'exagérons rien!) mais le billet de marsoise a remis ce thème l'ordre du jour, surtout qu'elle relève la question de l'origine sociale et la désillusion des pauvres par rapport un un système censé leur donner des chances égales aux riches. Je suis absolument ravi que l'on commmence enfin à se rendre compte que l'enseignement gratuit est une grosse injustice et non une bénédiction. Bravo, même si on tourne encore en rond en ramenant les problèmes de ce secteur a une simple exigence de flexibilité alors qu'il s'agit essentiellement d'un problème de (sous-)financement.

Le constat est le suivant: lorsque vous arrivez au bac dans ce pays, vous avez, en plus du stress normal des études, un autre type de stress: celui de ne pas faire partie des 15% heureux élus, souvent "urbains", "bons en maths", "prenant des cours particuliers", et "installés sur la côte orientale du pays". Vous savez que si vous appartenez à l'écrasante majorité vous avez toutes les chances de faire des études que vous n'aimez pas, et en tout cas vous inscrire dans des établissements moyens-à-médiocres. Vous savez également que si vous redoublez, ce n'est pas un examen que vous ratez mais toute votre vie, car il n'y pas d'espace pour tout le monde sur les places universitaire et de l'emploi. Sachant que le taux de reussite au bac est d'a peine 60%, je vous laisse faire le compte de ceux que le système actuel oriente vers les terraces de café.

Il est donc clair que l'enseignement gratuit conduit à un résultat tout à fait contraire à son objectif de départ. C'est un système élitiste et inefficient qui non seulement crée un énorme fossé social, mais en plus nourrit la pauvreté, tue l'ambition, renforce les clivages régionaux, banalise les diplômes, perpétue le chômage, et manufacture des centaines de milliers de diplômés blasés et standardisés qui n'aspirent qu'à quitter le pays par manque d'opportunités. Il faut dire que ce problème n'est pas inhérent a la Tunisie; on le partage avec plusieurs pays d'Afrique subsaharienne et d'Europe continentale.


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Je pense qu'il devient tout à fait urgent pour l'Etat de se désengager et de laisser la concurrence améliorer la qualité des institutions universitaires et accroître les opportunités de formation et d'embauche pour tout le monde, quelles que soient leurs origines. Concrètement voici un scénario de mesures à prendre:

1 - Les sections du secondaire sont abolies. Le bac devient un examen de passage ou chacun choisit les matières sur lesquelles il veut être testé en fonction de ses qualifications et du standard requis par les universités auxquelles il envisage de postuler

2 - L'Etat s'abstient totalement (par totalement, je veux dire: t.o.t.a.l.e.m.e.n.t) de financer les universités, les cède à des organismes privés, impose des plafonds de frais pour les premier et deuxième cycles, et alloue le budget de l'éducation par enveloppes égales (de 1.500 dinars disons) qu'il distribue directement à chaque bachelier.

3 - Le bachelier postule aux établissements de son choix, sans passer par les services du gouvernement (donc sans remplir de forumlaires coloriés).

4 - Si le candidat est accepté et que les frais de scolarité dépassent 1.500 dinars, il a la possibilité de postuler pour une bourse (non pas auprès de l'Etat, mais auprès de l'institution en question ou d'une autre institution privée; entreprise, fondation, organisme culturel..) ou pour un prêt sans intérêt réel du gouvernement. Ce prêt est accordé (ou pas) sur la base des revenus des parents.

5 - Une fois embauché et qu'il aura atteint un seuil minimum de revenu, l'étudiant voit sa dette envers l'Etat échelonnée sur plusieurs années. L'essentiel est qu'au bout du compte chaque millime qui a été puisé dans la trésorerie publique (e.g. pour un licensié: 1.500 dinars * 3 années + prêt éventuel) soit rendu pour financer d'autres étudiants. Parallèlement, l'Etat procède à une baisse significative de l'impôt sur le revenu afin de ne pas morceler les salaires.

Un tel système ne nécessite aucun investissement supplémentaire mais une simple réorientation des ressources et une plus grande discipline dans les dépenses publiques. Il est susceptible d'améliorer la qualité de l'enseignement par l'introduction de la compétition entre universités, de réorganiser les filières selon les exigences du marché de l'emploi, d'éliminer le favoritisme, d'améliorer la paie et le rendement des enseignants, et surtout de donner aux jeunes le choix et la possibilité de faire les études où ils peuvent s'épanouir. Enfin, ce système est à même d'accorder aux plus démunis l'opportunité de faire des études payantes (donc) de qualité, et de sortir ainsi du cycle infernal de la pauvreté.

La gratuité et la bureaucratisation de l'enseignement sont de vraies catastrophes, j'en suis absolument convaincu, et je ne cesserai jamais de les dénoncer.

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Friday, February 16, 2007

Winter Wonders..continued
















Winter Wonders

Keble College more grand than ever in unusual Oxford snow scenery. I am told the last snowfall on record was in 1996. It's simply magnificient!


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Thursday, February 15, 2007

Turkménistan, ou le syndrome de Stockholm

Il y a deux mois le Turkménistan disait adieu à Sapermurat Niyazov, un des pires tyrans mégalomanes que le monde ait jamais connu. Devant le pays s’ouvrait alors une immense opportunité de démocratisation.

Malheureusement rien n’a changé dans ce pays riche-pauvre d’Asie Centrale. La population a fini par élire le double de Niyazov. Elle vit encore dans son mythe, s'enivre de sa vodka, ses speeches, ses bouquins et se prosterne au pied de ses statues en or massif. Aucun signe d’ouverture, aucune contestation de l’ordre établi, aucune chance pour le multipartisme de s'installer, rien de rien.

Ce qu’il faut retenir de cette histoire est que la démocratie n’est pas seulement un système politique, mais surtout un mode de vie qui doit prendre forme dans le mental des gens avant de se jouer dans les institutions. On a cru à tort que le despote Niyazov constituait l'unique obstacle à la liberté alors que ce qui se passe dans les faits dépasse de très loin sa personne.

Car l’assujettissement de la population est tellement régulier, tellement étalé dans le temps, tellement institutionalisé, tellement enraciné dans le vécu des gens, qu’il devient impossible pour le commun des turkmènes d’imaginer que les choses peuvent se dérouler autrement pour lui. Vous savez il ne faut pas espérer grand chose d’un Homme qui n’a jamais pratiqué le débat, exprimé son avis sans contrainte, considéré une opinion différente de la sienne, voté librement, ni voté tout court. Vous pouvez l’éduquer, lui montrer ce qui se passe ailleurs, et lui proposer effectivement de voler de ses propres ailes..il s'y refusera, et réclamera encore son bourreau tel un otage frappé par le syndrome de stockholm réclamerait son ravisseur.

Pourquoi ? Parce qu’il aura été bien discipliné par une multitude de systèmes (éducatif, économique, culturel, sémantique..) qui lui ôtent toute possibilité de manoeuvre en lui martelant depuis son plus jeune âge qu’il ne comprend rien, ne peut rien faire tout seul, que sa voix ne compte pas, que le moindre désaccord menace la cohésion et la perpétuité de la communauté, que l'on surveille ses moindres faits et gestes, que les ‘faux-pas’ ne sont pas permis, et que la vérité restera unique et indiscutable. Il ira même chercher de son propre chef à devenir le sujet de quelqu'un dans chaque détail de sa vie quotidienne. Ceux qui connaissent les travaux de Michel Foucault doivent savoir ce que c'est que la biopolitique et les corps dociles.

Les turkmènes, un peuple pourtant civilisé, ont raté un rendez-vous unique avec l'histoire qui leur aurait permis de rejoindre le peloton des nations libres. C’est absolument consternant.

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Saturday, February 10, 2007

الجيارة..ضحية الإدارة

طالعت هذا الخبر على صحيفة الصباح...و كما يقول الشاعر: "لست أعرف ما أقول". تغيب ملكة الكلام لدى قراءة هذه المآسي. فالحي على هذا الحال من البناء الفوضوي وغياب أبسط مقومات الحياة الكريمة منذ سنة 1976
... ثلاثة عقود من البؤس

الصباح طرحت الكثير من الأسئلة: لماذا لم تفعل البلديات شيئا لتنظيم الحي؟ أين تصرف ميزانيات البلديات؟ أين ديوان التطهير الذي تتوفر له مداخيل طائلة اثقلت فواتير الماء لعقود عديدة ؟ أين اعضاء المعتمدية؟ أين الخرائط العمرانية؟ أين رجال الاعمال؟ .

الجواب على استفسارات الصباح على كثرتها واحد: لا شي أسوأ من تدخل البيروقراطية في الاقتصاد الوطني و نسيج المجتمع. لقد ألقت الدولة على عاتقها منذ نصف قرن مهاما لا تمت إلى وظائفها الثلاث الأساسية ( الأمن والدفاع والعدالة) بصلة. هذا التأطير الحكومي أنهك الاقتصاد و عطل الاستثمار و المستثمرين . فلا تتعجبي يا جريدة الصباح من حال الجيارة والملاسين والتضامن ودوار هيشر و غيرها من بؤر الفقر. كلها نتاج التأطير والتوجيه و تأميم الماء و الكهرباء والصرف و جميع المرافق. أما اهتمام رجال الأعمال بالقطاع السياحي حصرا فهو أيضا نتاج التوجيه البيروقراطي الذي جعل من السياحة أول مصادر الربح و آخرها

بربكم، هل تعاملتم يوما مع الإدارةالعمومية ولمستم جودة في العرض وحرصا على راحتكم وعلى جودة الحياة في محيطكم؟ هل صادفتم موظفا في البلدية (أو غيرها من المصالح العمومية) ترتسم على وجهه ربع ابتسامة؟ هل تناهت الى أسماعكم يوما كلمة " انتاجية " باحدى الادارات؟ كلهم سواسية. ولو تسلمو الملايين من خزينة الدولة فسيبذرونها و يطلبون المزيد، لأنها أموال عمومية وليست رؤوس أموال خاصة

الحل؟ أن تترك الدولة مسؤولية النمو الاقتصادي لقوى السوق و أن تلتفت لمهامها. لن يحل مشكلة الفقر في هذه البلاد غير تحرير الاقتصاد من قيود الإدارة

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Monday, February 05, 2007

Piqûre de rappel

L’enregistrement de la boite noire de l’ATR-72 de Tuninter m’a complètement bouleversé. D'abord, Le courage et le sang froid des pilotes dans de telles circonstances m'a laissé sans voix. Et puis la mort...la mort.... La seule chose qui arrive encore à me déstabiliser. A chaque fois que je suis confronté a une nouvelle tragique je perd mes moyens.

C’est vraiment incroyable combien il est facile pour les gens d’oublier que la vie ne tiens qu’a un fil. Ca me dépasse! Comment peut-on continuer a vouloir faire du mal autour de soi, semer la zizanie, piller, massacrer, comploter, blesser au sens propre et figuré…et pour gagner quoi en fin de compte? Une petite faveur? Une petite renommée? Un petit pouvoir? Une petite somme d’argent? Et après???

En même temps heureusement qu’il y a la mort pour rappeler aux gens (même s'ils ne s'en rappellent pas) qu’ils ne sont que de passage sur terre. Autrement je ne sais pas ce que le monde serait devenu. Moi en tout cas ca me permet de relativiser mes problèmes et d'affronter l'avenir avec beaucoup de confiance. La mort, gage d'optimisme.. quelle ironie!

Bref, c’était la minute cogito du lundi. Je vous souhaite une très bonne semaine.

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