خواطر ما بعد الثورة

Friday, May 28, 2010

'Sans titre' cette fois

Je te remercie Nadia de ta réaction, qui me donne l'espoir qu'en fin de compte 'tout n'est pas parti en fumée' sur la blogopshère. J'apprécie vraiment la manière dont tu essaies de mettre les choses en perspective et ne pas céder à la démagogie et à la facilité. Voici un un lien facebook pour l'article en question puisque le blog de Nadia n'est malheureusement pas visible en Tunisie.

Je ne cesserai jamais de le dire et de le dénoncer. L’ambiance sur la blogosphère est devenue malsaine depuis que des militants de tous bords ont découvert cet espace, et même si j’ai très envie de plier bagage par moments, je sais que je ne le quitterai jamais parce que j’étais là bien avant que tous ces meneurs des foules ne prennent conscience de l'existence d'internet.

Il y deux ans j’ai tiré la sonnette d’alarme en voyant que notre communauté 'se politisait’ (dans le sens de la manipulation et non celui de l'engagement, car dans l'absolu je vois ça comme une bonne chose que des militants de gauche ou de droite fassent partie de TN-blogs). Le problème est que, depuis que le prosélythisme leur a été permis, la rhétorique de pratiquement tous blogueurs et de tous les commentateurs a commencé à changer, devenant de plus en plus uniforme, prévisible, et surtout agressive.
La réflexion a cédé la place à la confrontation, au harcèlement moral et parfois même aux procès d'intention. On ne critique plus, on milite.

Les réactions à mon avant-dernier poste constituent un petit exemple assez éloquent du genre de dégâts que la blogosphère a subis, parce qu'à force de lire la même chose tous les jours, on finit par devenir aveugle à d'autres formes d'expression. Lorsque je dis qu’ « aujourd’hui en Tunisie il n’y a plus de contraintes à la liberté d’expression » et que j’explique, dans la même phrase, par quel moyen les gens ont pu se défaire de ces contraintes pour rendre cette assertion vraie.. eh bien non! on jette l'explication à la poubelle et on garde la première partie de la phrase. Waylun lil musallina.

Donc pour couper court à une polémique annoncée: oui je suis de très près la vie politique de ce pays et de beaucoup d’autres. Oui j'ai des opinions assez précises sur ce qui est bon et ce qui est mauvais pour le pays. Non je ne suis pas proche de ce milieu, même si j’ai appris à mieux le connaitre et mieux le comprendre dans le cadre de mes études et de ma profession par le passé. Je n’ai jamais été dans un meeting politique tunisien qu’il soit pour ou contre le gouvernement. Toute ma vie d’étudiant en Tunisie et à l'étranger a été faite de travail, de travail et de travail encore parce que ça a coûté cher et que l'échec n'a jamais été permis. Je n'ai jamais participé à des activités à connotation politique en Tunisie parce que je n'aime pas écouter des discours en dehors du milieu académique. Et je n’aime pas applaudir non plus.

Bien.

Maintenant il est vrai que le fait de nuancer n’importe quel sujet risque de me placer du ‘mauvais’ bord politique aux yeux d'un certain nombre de personnes. C’est d’ailleurs ce que beaucoup de mes profs ont subi lorsqu‘ils ont essayé de comprendre, seulement «comprendre » pourquoi le 11 septembre a eu lieu. On refusait de débattre avec eux parce qu’on leur disait qu’il n’y avait pas grand chose à analyser et qu'il s'agissait "de toute évidence" d’un conflit de valeurs entre occident démocratique et orient autocratique. Je sais que ma situation n’est pas comparable à la leur mais je comprends un peu ce qu’ils ont vécu parce que cette notion de ‘censure’ est devenue aussi sacrée et aussi figée que celle de ‘terrorisme’. Il n’est pas permis d'y toucher ni d'essayer de la déconstruire. Ceci dit je n’ai aucun problème avec le fait que les gens me ‘classent’, et ça ne m’empêchera pas de continuer à réfléchir parce que c’est mon métier.

Si j’ai un conseil à donner aux blogueurs, c’est d’essayer de prendre du recul par rapport à tout ce qui se passe. L’activisme, c’est génial, mais seulement lorsque c’est bien fait et qu’il s’accompagne surtout d’autocritique et de remise en question. Je fais partie d’un certain nombre de coalitions internationales dans mon domaine de recherche et j’arrive à travailler avec des gens des quatre coins du monde sans jamais me sentir obligé de m'exprimer d’une certaine manière parce que c’est la ‘bonne’ et que toutes les autres sont ’mauvaises’. Ce n'est pas le cas de la blogosphère tunisienne.


Bon courage à tous. Ce poste est resté sans titre parce que j'ai eu envie que les gens le lisent en entier, pour une fois, 'without judging the book by the cover' :)

22 Comments:

Post a Comment

<< Home